Un matin gris

Paris, je te quitte. Je ne te traverse plus, je te contourne; fille de banlieue, de retour dans mon milieu, je t'évite. Fini, le métro, le bus, le RER; fini les correspondances, les grèves, les pauses publicitaires.

Je suis banlieusarde. Et maintenant, je rejoins cette file d'autres banlieusards qui eux aussi, se rendent à leur travail. Les yeux brouillées, les cheveux pas séchés, le cerveau pas vraiment réveillé, je prends le volant.

Seule. Seule, avec pour compagnie la radio, qui m'énerve de plus en plus: 5 stations programmées, mais il est presque impossible d'avoir plus de quelques minutes sans publicité. Un CD, oui, mais il tourne en boucle...

La voiture, souplesse, simplicité, rapidité, oui. Mais la voiture, frais, risques, pollution... Je n'aime pas ce calcul. Je n'aime pas voir ma consommation d'essence monter, le kilométrage défiler. *crrc* Ce matin, 210km d'embouteillages cumulés en Ile de France, évitez en particulier les secteurs de... *crrc*

Le RER me manque. Je me débrouillais pour avoir une place assise ; j'avais toujours un bouquin avec moi ; et si, trop fatiguée, mes yeux se fermaient, je pouvais sans danger piquer du nez.

Je prends le volant à la même heure. Je me dirige le matin vers l'est, le soleil levant dans les yeux ; le soir, vers l'ouest, dans le soleil couchant aveuglant.

Je pars le matin à la même heure, et à chaque fois, le soleil se lève un tout petit peu plus tard, et le soir, il se couche un tout petit peu plus tôt. Nous sommes en automne.

Je suis de retour chez moi. Dans la banlieue, dans l'entre-deux.

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