L'enfant aux yeux écarquillés

Un soir, prise de tristesse et de colère froide, je voulu être cruelle... Le résultat est ce poème, conversation entre KaoruKun et moi. L'histoire parle à la fois de lui et de moi.
Un jour l'enfant aux yeux écarquillés s'est assis pour admirer le monde...
Elle ne vit que cendres et grisaille... elle pleura.
Et ses larmes se desséchèrent avant de toucher terre...
Elle pleura les couleurs, et la lumière, qui avant l'enchantaient...
Elle pleura, et pleura, et son cœur se tordait, et les larmes se desséchaient avant de toucher terre...
Puis elle vit s'approcher d'elle deux colonnes de feu...
Deux colonnes de couleur et de lumière,
Et son cœur fut, pour un moment, joyeux.
De chaque colonne sortit une rose noire:
L'une avait des épines. Elle saigna...
L'autre n'en avait pas. Elle pleura.
Alors elle s'enfuit, loin, loin de la couleur et de la lumière...
Le monde était sombre, le monde bougeait, elle était mal...
- Elle était le mal ?
Le monde était normal, c'était elle qui ne pouvait plus le voir tel qu'il était... c'est elle qui le créait aussi sombre, aussi torturé qu'elle...
Mais elle n'était pas faite pour ça.
Les roses la poursuivaient,
Plus noires que la nuit, plus effrayantes que le monde...
Elle ne pouvait y échapper, elle les désirait, elle les haïssait...
Où était son monde à elle? Un monde de lumière et de fleurs?
Un monde d'amour, avec peu de pleurs...
Elle n'avait plus le choix... saigner, ou pleurer...
Elle s'arrêta...
La rose aux épines entra dans son cœur,
Douce douleur...
La rose sans épine lui caressa la joue, essuyant ses pleurs...
Elle hurla sa peine, sa douleur, sa peur!
Elle écrasa la rose sans épines,
Se livra à la douleur de celle qui était entrée dans son cœur...
Le monde devint noir, teinté de rouge
Où était sa lumière, ses couleurs?
Le monde d'amour, où disparaissaient ses peurs?
La rose l'avait volé, la rose l'empêchait d'y retourner...
La rose la tenait prisonnière, la rose l'étouffait!
Et l'enfant su que le monde avait changé:
Sa lumière devint sa douleur,
Le noir, sa couleur
L'enfant s'abandonna au plaisir de la douleur...
L'enfant connut la fascination des pleurs...
Rose cruelle, qui pervertit l'innocence d'un enfant,
Je te hais pour la noirceur de ton cœur...
Je t'aime pour la douceur de mes pleurs.

Commentaires

1. Le vendredi, juin 4 2004, 18:22 par Kaoru
Je tai déja dit ce que je pensais de ce poème...mais je le redis, il est superbe :)La beauté...cest juste parvenir à  exprimer ce que tu ressent...