mercredi, avril 22 2015

Eye candy

Ils sont trois, bien bâtis, tirés à quatre épingle... ils déambulent dans le couloir devant moi... un soupçon de danger, un frisson de plaisir...

Ils bifurquent, ou est-ce moi ? Je continue mon chemin, un peu plus loin, un autre trio. Impeccables, impassibles, irrésistibles. J'aime les hommes en uniforme.

Merci Vigipirate.

jeudi, avril 2 2015

L'arnaque

Il est jeune, soigné, un téléphone à la main, en détresse. Il est en panne d'essence pour son scooteur, son patron n'est pas joignable, son boulot est en jeu, est-ce que je n'aurai pas deux euros pour l'aider à repartir? il y a une pompe à essence pas loin et il peut y pousser sa bécane.

Le premier, j'aurais pu le croire. Le second, quelques mois plus tard...?

mercredi, octobre 1 2014

La blonde du métro

Ô femme fascinante, de dos ta chevelure abondante mais négligemment nouée ne cadrait pas avec ta longue jupe bleue retroussée. Le claquement de tes sandales sur les planches en bois résonnait jusqu'en haut de tes hanches, remontant le long de ta cuisse blanche. A la limite de la course, ta marche effrénée entre deux correspondances m'a fascinée. Tout en toi était contradiction, entre tenue élégante et sac garçon, cuisse dénudée et détermination.

Je t'aurais suivie des heures pour essayer de comprendre ta motivation.

mercredi, septembre 17 2014

Le boulanger

Dans un rayon de 3 min à pied de chez moi, il y a 7 boulangeries. Si je n'en loupe pas.

Il y a en a deux au pied de chez moi.

Et dans la plus proche, il y a... un charmant jeune homme. Bon, jeune devient relatif à mon âge avancé et décrépi, vu que je le soupçonne d'être plus vieux que moi, mais charmant, ça, ce n'est pas relatif du tout. Aimable, souriant, et avec un petit mot spécial quand c'est moi qui entre dans la boulangerie... d'anticipation j'y arrive avec le sourire, j'en ressors les zygomatiques tirés jusqu'aux sourcils.

Mais je ne connais pas son nom. Ni lui, le mien.

samedi, mai 18 2013

La dame à la bicyclette

Ca a commencé par un sourire, un "pardon", un "merci". Le trottoir est étroit, elle va dans un sens, moi dans l'autre. Maintenant, c'est un "bonjour" et un sourire.

Parfois, je la croise près du RER, parfois, je la croise près du boulot. Toujours dans le même créneau, le matin en allant au bureau.

A force de se saluer, elle paraît familière, comme si je devais la connaître. Mais à part une partie de son itinéraire...

... je ne sais pas qui elle est.

jeudi, avril 25 2013

Le joueur de xylophone

Parfois, il est là, mais plus souvent, il n'est pas là. C'est pas grave, même absent, j'ai ses airs dans la tête.

Depuis le haut de l'escalier, là où je peux entendre les premières notes, je tends l'oreille, consciemment mais plus souvent inconsciemment.

Il joue des airs gais, vifs, entraînants. Il est vigoureux, presque gesticulant, ses deux mailloches toujours en mouvement. Assis par terre, le xylophone entre les jambes, je me demande quel genre de musique il a dans la tête, quel genre de pensées positives il garde à l'esprit pour créer des airs aussi euphorisants.

Moi, je sors du métro, que j'ai pris au sortir du tram, j'ai déjà monté un escalier, passé un portillon, enfilé des couloirs, descendu un autre escalier avant de le voir. Je ne passe pas devant lui, je tourne à gauche pour prendre l'escalator et le RER juste avant de l'atteindre.

Moi, je suis dans le train-train des transports, dans l'enfilade des changements, dans le calcul du placement sur le quai qui me met face à la sortie, dans l'optimisation du trajet, le détour qui évite des escaliers, le coup d'oeil machinal vers l'écran pour vérifier l'heure du prochain train, le passe Navigo dans la poche extérieur pour éviter de le sortir du sac, le mépris du mendiant-sourd-qui-en-fait-fait-parti-d'un-réseau-et-ne-parle-pas-la-langue, qui pose ses messages sur les sièges, la haine de l'accordéoniste et de ses flonflons.

Moi, je suis dans l'engrenage, et lui, il est la goutte d'huile qui me fait continuer mon chemin avec un sourire.

lundi, janvier 28 2013

Dans Paris, pourtant, il y a Javel

Paris, je t'aime, mais parfois, tu pues. Littéralement. Les crottes de chien, l'odeur de pisse, les ordures, les chewing-gums collés au macadam...

Paris, maintenant que j'ai quitté tes beaux quartiers du 17ème pour vivre dans le 19ème, que je ne prends plus le métro sous les immeubles haussmanniens mais dans un quartier populaire, je vois tes dessous de plus près. Deux petits chiffres, un quart de tour dans Paris. Je connaissais déjà tes clodos qui dorment sur les quais, maintenant je découvre les familles qui y campent.

Je ne pensais pas qu'Etoile et Nation seraient aussi bien nommées.

jeudi, janvier 10 2013

Devant le rhinocéros

J'aurais pu lui donner rendez-vous sous l'horloge. Parfois, ça marche. Parfois, il y a deux horloges, et ça ne marche pas (bonjour, gare Montparnasse!).

Mais ça aurait été trop facile, trop classique.

Alors je lui ai donné rendez-vous devant le rhinocéros. A Paris, c'est possible.

mercredi, novembre 21 2012

Carte Blanche

Paris, j'ai découvert un bout de ton passé, j'ai découvert l'origine de tes Halles, et du haut de l'ancienne gare, j'ai pu me glisser derrière les horloges géantes et je t'ai vu, étalé, à mes pieds.

J'ai fait ma parisienne, je suis allée flâner au musée d'Orsay.

mercredi, janvier 18 2012

Matin

Réveil-6h30-non trop tôt- zut 6h45 sauter sous la douche, sauter dans les fringues, départ 7h13- le RER passe au quart -je ne l'aurais jamais-jamais- si le direct est parti reste l'omnibus, celui qui a des places assises -7h17- trop tard il sera déjà parti -7h18-le direct est à quai, l'aurai-je? Les portes se ferment sous mon nez, j'aurai dû courir - tant pis le suivant dans quatre minutes -semi-direct, parfait -il arrive, il reste des places assises-entre deux hommes en costume et une femme en tailleur -sacs ordinateurs sur les genoux, je me coince en travers- ouf. Je suis posée.

samedi, novembre 12 2011

Contes de fées

Près de chez moi, il y a un quartier dont les rues portent le nom d'héros de contes de fées: Cendrillon, le Petit Poucet, Peau d'Âne, le chaperon Rouge... c'est fun.

vendredi, octobre 14 2011

Au Carré

Ce matin, je suis allée au Carré, qui est au pied du Cercle -j'ai apprécié l'ironie.

J'ai commandé un sachet de thé au prix d'une demi-boîte.

J'ai vu le monde passer. J'ai vu les hommes d'affaires, les costumes, les femmes aussi, en tailleur, les discussions professionnelles autour d'un petit-déjeuner. Et encore une fois, je me suis demandée quelle était ma place dans cette société.

lundi, octobre 10 2011

Matin

Je me suis levée, il faisait froid. Dans la maison, personne ne bougeait. Je suis descendue dans la pénombre, à petits pas. Dehors, il faisait encore nuit.

J'ai mis le contact, je suis sortie. J'ai vu le ciel, sombre et nuageux. Et puis mes phares ont rejoint la longue file des phares qui trouent le noir.

jeudi, octobre 6 2011

Un matin gris

Paris, je te quitte. Je ne te traverse plus, je te contourne; fille de banlieue, de retour dans mon milieu, je t'évite. Fini, le métro, le bus, le RER; fini les correspondances, les grèves, les pauses publicitaires.

Je suis banlieusarde. Et maintenant, je rejoins cette file d'autres banlieusards qui eux aussi, se rendent à leur travail. Les yeux brouillées, les cheveux pas séchés, le cerveau pas vraiment réveillé, je prends le volant.

Seule. Seule, avec pour compagnie la radio, qui m'énerve de plus en plus: 5 stations programmées, mais il est presque impossible d'avoir plus de quelques minutes sans publicité. Un CD, oui, mais il tourne en boucle...

La voiture, souplesse, simplicité, rapidité, oui. Mais la voiture, frais, risques, pollution... Je n'aime pas ce calcul. Je n'aime pas voir ma consommation d'essence monter, le kilométrage défiler. *crrc* Ce matin, 210km d'embouteillages cumulés en Ile de France, évitez en particulier les secteurs de... *crrc*

Le RER me manque. Je me débrouillais pour avoir une place assise ; j'avais toujours un bouquin avec moi ; et si, trop fatiguée, mes yeux se fermaient, je pouvais sans danger piquer du nez.

Je prends le volant à la même heure. Je me dirige le matin vers l'est, le soleil levant dans les yeux ; le soir, vers l'ouest, dans le soleil couchant aveuglant.

Je pars le matin à la même heure, et à chaque fois, le soleil se lève un tout petit peu plus tard, et le soir, il se couche un tout petit peu plus tôt. Nous sommes en automne.

Je suis de retour chez moi. Dans la banlieue, dans l'entre-deux.

mercredi, mars 10 2010

Paris, je t'aime

Paris, j'ai vu tes marginaux, goths, punks, tatoués, percés. J'ai vu tes gays, tes bourgeois, tes riches, tes BCBG. Paris, j'ai vu tes noirs, tes beurres, tes jaunes, tes blancs.
Chacun était soigneusement logé dans son quartier.

jeudi, mars 4 2010

Paris, je t'aime

Je t'ai vu, femme coquette, te parer de blanc. Le duvet recouvrait chaque parcelle. Je t'ai vu, Paris, te dissimuler sous une couette de neige, étouffant pour quelques heures tes bruits sous ce sortilège.

samedi, février 27 2010

Mon amour

Je t'ai rencontré sur un quai de Seine. C'était un soir d'été.
En quelques minutes, j'ai été charmée.

Peu après, tu m'as entraînée à ta découverte. Du Luxembourg à Montparnasse, du Châtelet à l'Opéra, tu m'as ensuite fait marcher de la Gare de l'Est à Pigalle, de Barbès à Montmartre. Et tous ces quartiers, tous ces lieux étaient "chez toi".

Tu m'as prise par la main et tu m'as fait des promesses insensées, devant les immeubles haussmaniens, dans les musées sans fin, au fond des cimetières romantiques, derrière les grilles ouvragées des jardins.

Tu m'as invitée, encore et encore, à te rendre visite à la nuit tombée.

Oh, j'ai bien essayé de te résister! Je t'ai fait des infidélités. Je suis partie à l'étranger, j'ai vécu dans des villes éloignées. Mais toujours, toujours, tu me rappelais.

A quoi bon lutter, quand au fond, je n'ai pas envie de te refuser? A quoi bon me faire des illusions, quand depuis si longtemps, c'est toi qui me fait vibrer?

Je te suis revenue, vois-tu. J'ai cédé à tes invitations sans cesse renouvelées. Tous les soirs, je vais à ta rencontre, et tous les soirs, je retombe victime de tes séductions.

Paris, je t'aime.

vendredi, février 26 2010

Paris, je t'aime

J'ai vu tes sans-abris. Tu les réchauffais de ton souffle métropolitain. J'ai vu les tentes, les vies contenues dans les caddies. J'ai vu tes coins, tes grilles, tes lits. Paris. Sous ta grandeur, tu loges ceux qui n'ont plus de logis.

mercredi, février 24 2010

Paris, que j'aime

Paris, je t'ai reconnu sous les traits de cet homme si expressif.
Il a un visage, mais il s'en sert comme d'un masque. Il sourit, me regarde, et me dissimule sa vraie nature.

Comme toi. Qui peut dire ce que tu penses, toi qui me regarde, tapis derrière tes façades?

Il est métrosexuel, sa tenue, toujours très juste, est aussi bien adaptée aux beaux qu'aux bas quartiers.

Comme toi. Je te vois échanger tes immeubles haussmaniens pour des taudis sans cachet au gré de tes quartiers.

Ses yeux sont chauds, recèlent mille pensées, sont animés d'un humour particulier qu'il s'abstient soigneusement de partager.

Comme toi. De passages cachés en Space Invaders émaillés, tu as une vie privée.

Il a le sourire facile, le salut gracile, l'accolade virile. Il donne toujours l'impression d'être mon ami. Et pourtant, je ne saurais jamais rien sur lui.

Comme toi. Toi, qui est toujours là, à la fois près et en retrait.

Il a voyagé, vu le monde. Il est de toutes les nationalités. Il est partout chez lui, et pourtant, il n'a qu'un seul foyer.

Il est toi.

Cet homme, vois-tu, je l'ai vu dans les bras de sa bien-aimée. Cet homme, dans lequel je t'ai reconnu, t'aime, et ne pourras jamais t'oublier.

Tout comme moi, vois-tu, je suis un peu amoureuse de toi.

mardi, février 23 2010

Paris, je t'aime

Paris... une porte cochère, un murmure furtif, deux mains qui glissent. Paris, combien d'amours fugitifs as-tu eu ainsi l'occasion d'accueillir?

- page 1 de 2